Journal publiquement intime, bavardages incessants et attentats littéraires. En attente de vos commentaires pour échanger idées et conneries.
Les vêtements constituent-ils une prison de textile ? Si oui, il s’agit d’une geôle dans laquelle la plupart d’entre nous s’enferme volontairement. Je me suis longtemps cru pudique parce que, adolescent, je détestais me montrer nu devant mes parents et devant mon frère. Mais hier, tout a changé. Je ne pourrais que très péniblement évoluer sans habits devant un de mes proches (excepté devant mon homme évidemment), mais j’ai découvert que je pouvais exhiber mes fesses et mes attributs virils à la vue de parfaits inconnus.
Erwann et moi nous promenions sur un sentier de randonnée, à P... (Finistère), admirant les falaises et les gros rouleaux de l’Océan, quand nous avons aperçu dans une crique, en contrebas, quelques nudistes. D’abord, nous avons fait la grimace (beaucoup de graisse et de cellulite), puis Erwann s’est carrément exclamé « Franchement, est-ce que ce n’est pas de l’exhibitionnisme quand même ? » Je lui ai fait remarquer que l’exhibitionnisme, c’était se montrer à qui ne le souhaite pas, dans un lieu inopportun. Là, dans une crique, on ne peut s’exhiber : il n’y a que des voyeurs, du haut des falaises. Nous. Puis, poussé par un frisson d’excitation à l’idée de brûler un interdit, je lui ai proposé que nous-mêmes après le déjeuner, nous descendions dans cette crique pour nous faire bronzer tout nus.
En fait, je ne le lui ai pas franchement proposé, je l’ai plutôt informé de ce que nous allions faire. Avec pour arguments :
1° Il n’y aura plus seulement de la graisse et de la cellulite sur cette plage, mais aussi deux jolis corps élancés, peut-être que ça attirera des garçons agréables à mater.
2° Nous n’enlèverons nos maillots de bains qu’une fois allongés sur nos serviettes, dans la plus grande discrétion. Je le pensais vraiment : à ce moment-là je m’imaginais encore incapable de me balader à poil sur une plage !
Nos salades de concombres et de surimi Fleury Michon avalés, nous avons donc emprunté le chemin casse-gueule entre les rochers permettant d’accéder à la crique. Nous avons choisi un amas rocheux près duquel nous avons étendu nos serviettes puis, vêtus de nos slips de bains, nous sommes allés échanger quelques balles avec nos raquettes en bois. Pas longtemps, essayant autant que possible d’ignorer les gens qui erraient les fesses à l’air.
Nous sommes retournés à nos serviettes, nous sommes allongés et, décidé par l’hésitation d’Erwann (l’occasion de me monter téméraire !), j’ai enlevé mon slip de bains. Mon homme a évité de me regarder et a fait de même. J’ai également détourné le regard, craignant de bander. Je ne peux pas dire que j’étais méga à l’aise, ça non ! Peu de temps s’était écoulé quand Erwann a remis son maillot pour aller se baigner. J’ai fini par m’asseoir pour regarder son exploit (eau à 16° C). Il a nagé quelques brasses puis m’a fait signe de le rejoindre. Je lui ai fait signe que non. Ce n’était pas la température de l’eau qui me retenait, mais l’indécision : pour le rejoindre dans l’eau est-ce que je prenais mon courage à deux mains et que je traversais la dizaine de mètres qui nous séparait dans la plus parfaite nudité ou bien remettais-je mon slip ? Dans ce dernier cas, j’avais l’impression de ne plus assumer ce pourquoi nous étions venus : dépasser nos tabous. Dans le premier cas… la honte ! J’ai choisi la peur d’avoir honte. Craignant une érection en sentant le regard d’Erwann sur moi, je ne me suis pas fait prier pour entrer dans l’eau fraîche. J’ai laissé de grosses vagues me passer par-dessus la tête et me suis bien amusé.
Ensuite nous sommes retournés ensemble à nos serviettes. J’ai proposé à Erwann une partie de raquettes pour nous sécher. Il a hésité : « – J’enlève mon maillot ? – Mais oui, tu sècheras mieux ! » Quel plaisir de jouer ainsi tout nu, de bondir pour attraper la balle, mon corps totalement caressé par le soleil brûlant. Quel sentiment de complète liberté ! Mon homme, manifestement, y prenait le même plaisir : il arborait un sourire rayonnant tant sur ses lèvres que dans ses yeux, semblant ne plus tenir en place, son zizi s’agitant au rythme de ses trépignements. Plusieurs fois nous nous sommes vautrés dans le sable pour attraper la balle. Et hop ! nous étions de retour dans l’eau pour nous nettoyer (et, accessoirement, pour refroidir le moteur).
Un groupe de trois ados, plutôt mignons, est venu s’installer dans la crique. Quel plaisir d’admirer leurs corps jeunes et secs. L’un deux avait des fesses rondes et petites comme des pommes, et un sexe remarquable par sa longueur (au repos bien entendu). Les heures ont passé, nous ne sommes partis que parce que notre peau commençait à rougir un peu trop malgré la crème protectrice. Dans la voiture, notre conclusion était évidente : nous rentrions le lendemain à la maison, certes, par la force des choses, mais il est certain que nous réitèrerons l’expérience dès que possible. Désormais, nous ferons des économies en maillots de bains !
Si nous n’avions pas bandé sur la plage (hormis à un moment où j’ai eu un début d’érection, que j’ai jugulé en m’allongeant sur le ventre ; bêtement je m’étais mis à imaginer un plan à trois avec Erwann et l’ado canon), nous étions extrêmement excités du plaisir que nous avions pris à nous sentir si libres et à nous admirer l’un l’autre nus sur la plage : hier soir, nous avons fait l’amour comme nous ne l’avions plus fait depuis longtemps. Dans notre chambre d’hôtel, Erwann m’a dit : « Alors, on se vide les couilles ? » Nous nous sommes un peu sucés puis, il m’a demandé si je voulais bien qu’il me prenne. « J’ai peur d’avoir mal, lui ai-je répondu. » (deux jours avant, il m’avait pris à sec et j’avais éprouvé plus de douleur que de plaisir). Il a insisté tendrement, en me cajolant, et je n’ai pu résister à son sourire carnassier et avide. Cette fois, la grosseur de sa queue a été un atout plutôt qu’une source de maux et nous avons tous deux connu une extase comme il ne s’en produit que dans les fantasmes.
C’est avec la plus grande impatience que nous allons attendre de retourner sur une plage pour nous libérer de nos vêtements et jouir de nouveau de notre propre nudité.